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Mme Barrault 92 ans raconte Paris-Dakar

Mme Barrault 92 ans raconte le Paris-Dakar

 7 fois le Paris-Dakar

Monsieur et Madame Barrault, résidents aux Résidentiels de Niort ont fait 7 fois le Paris-Dakar.  Mme Barrault, 92 ans, a bien voulu nous raconter sa passion pour le désert.

Qu’est-ce que le rallye Dakar ?

Le rallye Dakar est la plus grande course de rallye au monde et dure 15 jours. Ce rallye-raid a été créé en 1977 et la première course a été lancée en 1978 par Thierry Sabine.

Pouvez-vous nous raconter votre premier Paris-Dakar ?

La première année nous avons accompagné les coureurs à pied. Ils couraient jour et nuit. Nous les avons accompagnés comme assistants pour les aider s’ils étaient blessés. Puis nous transportions les médicaments, les perfusions et également des civières gonflables durant les 15 jours du rallye. Nous avons commencé par le faire en voiture, avec un Range Rover. Nous traversions le désert et le soir nous montions la tente et dormions pendant que les coureurs couraient jusqu’à Dakar. La nuit, il fait très froid, il gèle mais le jour il fait très chaud !

Et les autres années ?

La deuxième année nous avons accompagné les automobiles, toujours en assistance médicale. Puis à la fin nous le faisions juste par plaisir, en camion. Nous avons passé notre permis poids lourd et nous avons fait quelques rallyes avec notre fabuleux camion, un Mercedes Unimog. Et heureusement, nous ne sommes jamais tombés en panne avec, on en aurait bavé ! Les pneus sont très lourds !

Quels étaient les principaux risques ?

Les risques étaient de se faire attaquer par les autochtones, de se perdre dans le désert et manquer d’eau. On était séchés avec d’être retrouvés ! Nous n’avions rien pour nous défendre, on se faisait voler par les autochtones, notre argent et nos vêtements. Ils démontaient aussi les phares des voitures dans la nuit.

Il fallait également trouver des points d’eau, mais il y avait la queue ! Les Touaregs tiraient l’eau avec leurs ânes, ils en accrochent 2 ou 3, mettent un seau en cuir dans le puits puis les ânes reculaient et ils versaient ensuite l’eau aux chameaux. On ne refuse jamais de l’eau à quelqu’un, l’eau c’est la survie.

On a également dû traverser des brousses en feu, faites par les villageois pour nettoyer et faire de l’engrais. Mais on n’avait pas le choix, on devait traverser. C’était très risqué avec le stock d’essence et si le feu prenait dans les pneus…

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rallye ?

Nous l’avons fait 7 fois car le désert nous plaisait énormément. Le soir, nous pouvions observer un ciel avec des milliers d’étoiles qui brillaient sans limite dans tout le ciel. C’est somptueux. Le désert c’est des grands paysages sans limite. C’est aussi très beau de voir ces voitures à pleine vitesse dans le sable.

Quels sont vos Paris-Dakar préférés ?

Ce sont ceux du temps de Thierry Sabine. Il était très qualifié, très gentil et très beau garçon… Il adorait son métier. Nous avions une grande confiance en lui, il n’aurait jamais laissé quelqu’un dans le désert car lui-même s’était déjà perdu lors de sa participation à l’Abidjan-Nice en 1976. C’est un autochtone qui l’avait retrouvé in extremis… Il a erré dans le désert pendant 3 jours ! Sa moto était restée introuvable dans ce vaste désert.

NB : Sa moto a été retrouvée en janvier 1986 par l’armée Libyenne. Il prévoyait de la rapatrier à la fin du rallye. Cependant, il meurt avant dans l’hélicoptère avec Daniel Balavoine. Pour leur rendre hommage, pour la trentième année de leur disparition, en 2016, sa moto a été exposée dans le plus grand musée motos au monde, avec toutes les marques mondiales réunies. Ce musée n’est pas ouvert au public.

Avez-vous des anecdotes à nous raconter sur Monsieur Sabine ?

Lors de notre premier rallye Dakar, les camions étaient parrainés par les batteries de démarrage Steco. A la fin du rallye, nous sommes allés remettre les prix à Sali (commune de la wilaya d’Adrar) en Algérie. Monsieur Sabine a lancé le bal en ouvrant une fusée qui a atterri sur le restaurant avec un toit en paille… le restaurant a pris feu ! Nous avons dû éteindre le feu en se mettant à la chaîne et en remplissant des seaux d’eau !

Nous participions également au rallye l’année de sa mort, en 1986. C’est à Bamako, la capitale du Mali, que nous avons appris la mort de Thierry Sabine et Daniel Balavoine. Ils ont été pris dans une tempête de sable et ont eu un accident d’hélicoptère. Les tempêtes de sables dans le désert sont impressionnantes, il faut se mettre en boule et attendre que ça passe…

NB : l’hélicoptère a percuté les dunes du désert du Sahel le 14 janvier 1986. Daniel Balavoine, qui avait disputé le rallye comme pilote en 1983 et 1985, ne participait pas cette fois à la course mais était présent à des fins humanitaires, pour l’opération Pompes à eau pour l’Afrique.

Avez-vous d’autres souvenirs à nous raconter ?

On aimait beaucoup prendre le thé avec les Touaregs. Ce sont les habitants du Sahara central. Ils habitent l’Algérie, le Burkina Faso, la Libye, le Mali et le Niger. Les Touaregs sont des éleveurs nomades qui parcourent le désert à la recherche de pâturages pour leur bétail. Quand on allait au restaurant ou à l’hôtel, je piquais des allumettes pour les Touaregs afin qu’ils allument leur feu. Mais ils savaient très bien faire sans, ils prenaient 2 bouts de bois et hop ça y est, le feu partait ! Mais les allumettes, c’était génial pour eux !

On distribuait aussi des eaux minérales dans les villages. Les villageois sont très pauvres, je n’aurais jamais pu vivre dans des conditions comme celles-ci. On ne croisait jamais beaucoup de femmes, c’était interdit par leurs maris. Mais on ne restait jamais longtemps, il y avait des kilomètres à faire, fallait pas chaumer !

Je me souviens aussi, lorsqu’on arrivait dans les grandes villes, nous allions à l’hôtel prendre une douche, et ça faisait du bien ! Quand on était dans le désert on se lavait avec une bouteille d’un litre et demi qu’on avait fait chauffer au soleil avant…et ça nous suffisait !

Et vous n’avez jamais voulu être coureur ?

Oh non, c’était trop dur. Mais nous faisions les mêmes kilomètres et le même parcours qu’eux. Il fallait qu’on sorte aussi du désert !

Pourquoi avez-vous arrêté de le faire ?

Ce n’était plus Monsieur Sabine, l’organisation avait changé. Puis nous l’avions déjà fait plusieurs fois. J’y repense souvent, mais je ne voudrais pas le refaire. Aujourd’hui, le Paris-Dakar serait trop dangereux avec les autochtones, ça serait courir à la mort… Et puis maintenant, la relève est assurée ! Un de nos petits-fils a d’ailleurs hérité de nous pour cette passion et part faire des raids dans le désert avec sa femme et ses enfants ! Nous ne sommes jamais tombés en panne d’essence, nous n’avons jamais crevé un pneu et nous ne nous sommes jamais ensablés ! C’est un exploit ! C’est sûrement grâce à la conduite de mon mari, il a appris assez vite la façon de conduire dans le désert.

Remerciements

L’équipe des Résidentiels tient tout d’abord à remercier Charlotte, stagiaire au sein du service communication des Résidentiels, qui a recueilli les souvenirs de Mme Barrault. Un grand merci également à notre résidente de Niort Madame Barrault pour nous avoir raconté ses aventures du Paris-Dakar.

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